La promesse du serverless

Le serverless, c'est vendu comme une évidence : arrêtez de gérer des serveurs, ne payez que ce que vous consommez, laissez le cloud absorber la complexité. Sur le papier, c'est imparable.

Sauf que personne ne se demande qui a intérêt à ce que vous ne possédiez plus rien.

Les plus gros propriétaires d'infrastructure au monde

Les mêmes géants qui vous vendent le serverless sont devenus, en une décennie, les plus gros propriétaires d'infrastructure physique de la planète. Des datacenters par milliers, des câbles sous-marins, des centrales électriques dédiées. Ils ne se sont pas débarrassés du matériel. Ils se le sont approprié — et vous ont vendu l'idée que le posséder vous-même était dépassé.

L'analogie du leasing automobile

C'est exactement le modèle des constructeurs automobiles. Un constructeur ne gagne plus vraiment sa vie en vendant une voiture neuve cash. Il gagne sur le financement, le leasing, les contrats d'entretien, les extensions de garantie. Payer cash et posséder sa voiture est presque devenu suspect — has-been, disent-ils. Sauf que c'est souvent le choix le plus rationnel économiquement, sur la durée.

Ce qu'on a vécu, très concrètement

Avec notre projet Mon Écrin (prochainement ouvert au public), première facture cloud managé : 500€/mois, pour deux clusters d'entrée de gamme — un Kubernetes managé, un PostgreSQL managé — sur des instances b3-8 : 2 vCPU, 8 Go de RAM.

On a basculé sur du bare metal : trois serveurs dédiés, répartis sur trois datacenters (Paris, Strasbourg, Gravelines), chacun avec un AMD Ryzen 9 9900X, 64 Go de RAM DDR5 5600 MHz On-Die ECC, et 2x512 Go SSD NVMe en Soft RAID.

Cloud managé

500€/mois · 2 vCPU + 8 Go RAM par cluster · vCPU partagés

Bare metal

350€/mois · Ryzen 9 9900X + 64 Go RAM par serveur, dédié · puissance décuplée

Résultat : une facture réduite, une puissance décuplée. Le détail complet de cette bascule est dans notre article sur le coût de l'infrastructure.

Le cloud managé n'est pas neutre

Le cloud managé et le serverless ne sont pas mauvais en soi. Mais ils ne sont pas neutres. Chaque couche d'abstraction qu'on empile au-dessus du bare metal a un prix — et ce prix, ce sont eux qui le fixent, pas vous.

Reprendre la main sur son infrastructure, ce n'est pas du dogmatisme technique. C'est reprendre la main sur sa structure de coûts.

Ce que l'IA change

Et il y a encore quelques années, ce choix était réservé à ceux qui avaient une équipe Ops derrière eux. Aujourd'hui, avec l'IA comme copilote — Terraform, Helm, Kubernetes, tout ce qui automatise et sécurise une infra bare metal — un développeur seul peut monter et opérer ce que seule une équipe entière pouvait tenir hier. La barrière à l'entrée qui justifiait de tout déléguer au cloud managé s'est effondrée.

Et vous, votre facture cloud, vous l'avez déjà challengée ?


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